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angle-left Au delà de l'éradication de la tuberculose

Et si le secret était de comprendre comment on tolère une infection plutôt qu’essayer de l’éradiquer à tout prix?

11 mai 2018

Depuis des décennies, les mécanismes de défense utilisés par l’hôte contre les infections sont d’attaquer et d’éliminer les pathogènes ou microbes envahisseurs. Toutefois, les biologistes étudiant les végétaux ont amené une perspective nouvelle sur les mécanismes de défense de l’hôte vis- à-vis d’une infection. Les végétaux appliquent une stratégie faisant intervenir la capacité de « tolérer » une infection plutôt que d’y résister et de lutter pour la survie. Ce concept de « tolérance à la maladie », offre aux chercheurs une possibilité d’élaborer de nouvelles stratégies de traitement, qui atténuent les conséquences de l’infection.

Par ailleurs, depuis la découverte, il y a plus d’une centaine d’années, de la bactérie Mycobactérium tuberculosis ou Mtb (bactérie qui cause la tuberculose), on a fait beaucoup de progrès dans la compréhension des stratégies facilitant son élimination. Par exemple, la découverte des antibiotiques a été une percée importante dans le traitement de la tuberculose dans sa forme active, c’est-à-dire lorsque les symptômes se déclarent.  Toutefois, plus de 90 pour cent des personnes infectées par la bactérie Mtb, la tolère sans avoir besoin de traitement. Pourquoi et comment ces personnes parviennent-elles à « vivre avec la maladie » ?

C’est la question à laquelle Maziar Divangahi, immunologiste à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) et professeur de médecine à l’Université McGill, à Montréal, a tenté de répondre. Les cliniciens qualifient cette affection de « tuberculose latente »; une forme de tuberculose qui touche le quart de la population mondiale. « La tuberculose est un exemple parfait de la tolérance à la maladie », explique le professeur Divangahi, qui est également le chef associé du Programme de recherche translationnelle sur les maladies respiratoires (RESP) de l’IR-CUSM et membre du Centre international de la tuberculose McGill.

Cette piste a mené l’équipe du chercheur à découvrir que le mécanisme clé permettant d’empêcher l’infection de se propager était la tolérance de l’organisme à la Mtb plutôt que la lutte contre cet agent pathogène. De façon encore plus surprenante, les chercheurs ont découvert qu’un nombre trop élevé de lymphocytes T qui sont  les soldats de notre système immunitaire, pourrait faire plus de mal que de bien. Leurs travaux ont fait l’objet d’une étude publiée aujourd’hui dans Science Immunology.

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