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Necola Guerrina, une étudiante au doctorat qui fait le pont entre la recherche fondamentale respiratoire et les besoins cliniques

Necola Guerrina n’a rien à voir avec l’image stéréotypée que l’on peut se faire du scientifique solitaire. Étudiante au doctorat en pathologie, ses talents pour la communication et la collaboration font en sorte qu’elle n’a pas de problème à foncer vers l’inconnu lorsqu’il est question de recherche.

Originaire du Vermont aux États-Unis, Necola s’est d’abord intéressée aux maladies respiratoires lorsqu’elle suivait des cours à l’université Midwestern, située en bordure de Chicago. C’est dans cette optique qu’elle s’est jointe en 2014 au laboratoire de la Dre Carolyn Baglole de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

L’équipe de la Dre Baglole étudie la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). « La MPOC est la troisième cause de mortalité au monde de nos jours, affirme Necola. Et elle est principalement causée par l’inhalation d’irritants comme la fumée de cigarette et la pollution atmosphérique. » Jusqu’à maintenant, il n’existe aucun remède connu.

Selon Necola, la recherche au sein de l'équipe se passe dans l’entraide et la coopération. Elle soutient que la Dre Baglole donne beaucoup de latitude à ses étudiants tout en les encourageant à repenser les tâches routinières. « Elle nous pousse toujours à sortir des sentiers battus », dit-elle.

Necola s’est jointe au comité de gestion du Programme de recherche translationnelle sur les maladies respiratoires (RESP), avec le soutien de la Dre Baglole. Elle a ainsi contribué au développement d’un projet qui permettra aux étudiants en recherche fondamentale de suivre un clinicien pas à pas, afin de voir les applications pratiques potentielles pour leur recherche. Ce programme rassemblerait des membres des trois centres de l’IR-CUSM et leurs méthodologies respectives : le Centre de biologie translationnelle, dont le laboratoire de la Dre Baglole fait partie, le Centre de médecine innovatrice, qui soutient la recherche clinique, et le Centre de recherche évaluative en santé.

En laboratoire, le travail de Necola est orienté vers les récepteurs d’hydrocarbures aromatiques (AhR), afin d’étudier si cette protéine peut fournir une protection contre la MPOC causée par la fumée de cigarette. « Un pourcentage relativement faible de fumeurs de cigarettes développent la MPOC, ce qui signifie que d’autres facteurs, en plus de la fumée, contribuent au développement de la maladie, explique-t-elle. Cette statistique suggère qu’il nous manque une pièce du casse-tête qu’est la MPOC, dit-elle. Ma recherche est une quête pour cette pièce manquante. »

Au fil du temps, Necola sait que tout commence avec la débrouillardise. Elle se réjouit du déménagement au nouveau site Glen, lui donnant accès de l’équipement précieux et à des conseillers spécialisés dans toutes les plateformes technologiques. Ce genre d’expérience lui est favorable, selon la Dre Baglole, puisqu’elle « fait preuve d’une indépendance exceptionnelle dans son projet de recherche. »

La participation à des concours qui la préparent à présenter lors de conférences fait également partie de son parcours dans le domaine de la recherche. Necola a récemment terminé au deuxième rang du concours 3-Minute Thesis/Ma thèse en 180 secondes de l’Université McGill et se rendra en mai à Washington DC avec une trentaine d’étudiants choisis pour représenter la Société canadienne de thoracologie lors du congrès de la American Thoracic Society.

Après son doctorat, Necola envisage s’inscrire en médecine. « Je veux vraiment continuer dans la recherche clinique. J’aime la recherche et j’adore poser des questions auxquelles nous n’avons pas la réponse, soutient-elle. Mais j’aime également l’aspect médical et le fait de travailler avec les gens. Je veux que mes initiatives de recherche soient motivées par des questions cliniques qui sont encore à répondre. »

—Avril 2017