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angle-left Impact de la COVID-19 sur les patients atteints de cancer : des chercheurs du CUSM participent à une étude multinationale
La Dre Arielle Elkrief (à gauche) est boursière en oncologie au CUSM, et le Dr Don Vinh (à droite) est chercheur dans le Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill
La Dre Arielle Elkrief (à gauche) est boursière en oncologie au CUSM, et le Dr Don Vinh (à droite) est chercheur dans le Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill

10 juin 2020

Publiée dans The Lancet, l’étude révèle des facteurs spécifiques au cancer associés à une mortalité accrue

Le Dr Nathaniel Bouganim est chercheur dans le Programme de recherche sur le cancer à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill
Le Dr Nathaniel Bouganim est chercheur dans le Programme de recherche sur le cancer à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill

Source : CUSM. Les chercheurs du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) Dre Arielle Elkrief, Dr Nathaniel Bouganim et Dr Donald Vinh ont dirigé la section canadienne du COVID-19 and Cancer Consortium (CCC19), qui réunit plus de 100 chercheurs internationaux travaillant ensemble pour mieux comprendre les effets uniques de la COVID-19 sur les patients atteints de cancer ou ayant des antécédents de cancer.

Le consortium a publié des données sur plus de 900 patients, qui montrent que les personnes atteintes d’un cancer affecté par la COVID-19 ont un taux brut de mortalité de 13 %. Il est important de noter que l’étude a identifié des facteurs spécifiques au cancer associés à une mortalité accrue. Menée par le Dr Jeremy Warner de l’Université Vanderbilt, le Dr Brian Rini du centre de cancérologie Vanderbilt-Ingram et le Dr Gary H. Lyman, de l’Université de Washington, cette étude et cette série de données sont les plus importantes jamais publiées dans une perspective multinationale. L’étude a été publiée dans The Lancet le 28 mai.

«?Nous sommes fiers que le CUSM soit l’un des principaux sites canadiens ayant participé à cette étude. Ce travail est un excellent exemple de collaboration entre différentes spécialités et différents sites?», a déclaré la Dre Elkrief, fellow en oncologie au CUSM, qui a dirigé cette initiative dans trois centres universitaires du Canada. «?Cette étude a révélé que les patients atteints de cancer avaient un taux de mortalité de 13 %, ce qui est plus de deux fois supérieur à la mortalité rapportée comme moyenne mondiale. Il est essentiel de poursuivre tous les efforts pour protéger nos patients les plus vulnérables.?»

Les données de ce premier rapport du CCC19, recueillies auprès de 928 patients en Espagne, au Canada et aux États- Unis, ne montrent aucune association statistique entre la mortalité à 30 jours et les traitements anticancéreux, ce qui suggère que la chirurgie, la chimiothérapie adjointe et la chimiothérapie d’entretien pourraient se poursuivre pendant la pandémie avec «?une extrême prudence?».

Parmi les facteurs spécifiques au cancer associés à une mortalité accrue, on peut citer le fait d’avoir un score de performance de deux ou plus sur l’échelle du Eastern Cooperative Oncology Group (ECOG). L’ECOG est une échelle de notation permettant de mesurer l’impact du cancer sur les capacités de vie du patient au quotidien. Un score de deux désigne un patient capable de se soigner lui-même, mais incapable de travailler, et qui est actif à plus de 50 % pendant les heures de veille.

Bien qu’un score ECOG de 2 n’empêche généralement pas un patient atteint de cancer de suivre une chimiothérapie ou de participer à des essais, cette étude suggère la nécessité d’une vigilance permanente pour protéger les personnes appartenant à cette catégorie. Un autre facteur associé à l’augmentation de la mortalité était un statut de cancer actif, en particulier un cancer évolutif. Le risque de mortalité augmente également avec le nombre de comorbidités, telles que l’hypertension ou le diabète, en particulier avec deux comorbidités ou plus. Comme c’est le cas pour la population non cancéreuse, la mortalité augmente avec l’âge. La mortalité était de 6 % pour les patients cancéreux de moins de 65 ans, de 11 % pour les 65-74 ans et de 25 % pour les plus de 75 ans. Les hommes avaient également un taux de mortalité plus élevé que les femmes, soit 17 % contre 9 %.

Outre les résultats qui auront un impact sur la prise en charge des patients en oncologie, cette étude illustre également la volonté du CUSM et de l’IR-CUSM d’aider les patients, comme ceux atteints de cancer.

Pendant la pandémie, alors qu’une grande partie du monde était en quarantaine, les chercheurs du CUSM/IR-CUSM se sont mobilisés. La Dre Elkrief et le Dr Bouganim, spécialistes en oncologie, et le Dr Vinh, spécialiste en maladies infectieuses, ont cherché à comprendre comment la COVID-19 affectait les patients atteints de cancer, ont mis en commun leur expertise et ont collaboré à l’échelle internationale de manière inédite pour trouver ces réponses.

« Ces résultats, dit le Dr. Vinh, aideront à élaborer des plans pour le diagnostic, la gestion et le dépistage du cancer. »

Pour en savoir plus : Multinational consortium reports COVID-19 impact on cancer patients