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- De la théorie à la pratique : comment l’école d’été MISI a aidé les stagiaires à renforcer leurs pratiques de recherche inclusive
null De la théorie à la pratique : comment l’école d’été MISI a aidé les stagiaires à renforcer leurs pratiques de recherche inclusive
Lors de l’école d’été MISI 2026, 16 stagiaires ont fait le pont entre les discussions sur la recherche inclusive et la mise en pratique de cette approche dans leurs propres travaux.
Source : L’Institut
Le 8 septembre 2026
Seize stagiaires de L’Institut ont apporté leurs propres questions, expériences et projets de recherche à l’école d’été 2026 du programme Mentorat Intégral pour la Science Inclusive (MISI). À l'issue de ce programme de quatre jours, les stagiaires ont identifié de nouvelles façons de rendre leurs recherches plus inclusives, plus équitables et mieux adaptées aux besoins des communautés.
Pour y parvenir, les stagiaires ont examiné leurs recherches déjà en cours. Elles et Ils ont recensé les personnes participantes à leurs projets, identifié les sources potentielles d’exclusion et réfléchi aux personnes qui pourraient être absentes pendant les étapes clés du processus de recherche. L’objectif n’était pas d’ajouter l’inclusion a posteriori, mais d’étudier comment celle-ci pouvait renforcer les décisions de recherche dès le départ.

La promotion 2026 comprenait les lauréates et lauréats du Prix Équité, diversité et inclusion (EDI) pour l’excellence académique décernés par l’Institut: Alireza Roosta, Ayla Gerk Rangel, Devin Fraser, Faezeh Lotfi Kazemi, Kyeong Beom Jo, Phoenix Plessas-Azurduy, Vidhi Desai, Dunya Moghul, Eileen Oh, Kalpana Chaudhary, Moustafa Laymouna, Odette Rios Ibacache, Mackenzie Rachel Fredericks et Seong Yeon Kim, ainsi que deux personnes autochtones lauréates du prix MISI, Tehya Armstrong et Jason Paeiro.
Les prix EDI pour l’excellence académique récompensent des étudiantes et étudiants de maîtrise et doctorat membres des groupes en quête d’équité pour leur excellence académique, leur réflexion sur les obstacles systémiques et leur potentiel à faire progresser la recherche médicale et en santé. Ces prix sont soutenus par la Fondation du CUSM, la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants et la Fondation de l’Hôpital général de Montréal. Les prix MISI offrent des opportunités rémunérées de recherche et de mentorat aux personnes étudiantes autochtones de premier cycle par le biais du programme MISI soutenu par NovaScience du Ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie du Québec.
Apprendre de diverses formes d’expertise
Tout au long de la semaine, les stagiaires ont participé à des tables rondes, des ateliers et des sessions pratiques sur la recherche éthique et ancrée dans la communauté. Les sessions ont aussi abordé la sécurité culturelle autochtone, l’intersectionnalité, le partenariat avec les patientes et patients et la mobilisation des connaissances. Les stagiaires ont pu bénéficier des enseignements de spécialistes en matière de recherche en santé autochtone tels qu’Alex McComber, Samantha Coonishish, Christina Smith et Kahá:wi Jacobs. D’autres chercheuses et profesionnelles y ont également partagé leurs savoirs, notamment Dre Sahar Fazeli, Dre Hannah Quinn, Fatoumata Baldé, Seeta Ramdass, Sarah Mohamed et Dre Argerie Tsimicalis; ainsi que des patientes partenaires Linda Hunter et Khadidja Chougui.
Les spécialistes de ces sessions ont encouragé les participantes et participants à considérer les priorités des communautés, la sécurité culturelle et l’expérience vécue comme des sources d’expertise. Les stagiaires ont été invitées à intégrer ces perspectives dans leurs méthodologies, analyses et stratégies de transfert des connaissances.
Transformer les principes d’inclusion en une méthode concrète
Le Centre Desjardins de formation avancée (DCAT) et l’équipe d'EDI de L'Institut ont conçu l'école d'été sous une approche pratique. Dans cette optique, l'école d'été MISI a inclus des présentations et six sessions d’ateliers pratiques. Dans ces sessions, les stagiaires ont formé des groupes interdisciplinaires, ont discuté des défis communs et ont remis en question les pratiques de recherche habituelles. Les groupes ont examiné comment des approches inclusives pouvaient redéfinir les questions de recherche, les méthodologies, la participation de la patientèle ou les stratégies d'analyse. Les stagiaires ont tout d'abord dressé la liste des personnes impliquées dans leur recherche avant d’analyser les rapports de pouvoir qui opèrent entre ces personnes.
Chaque équipe a ensuite utilisé la méthode des « cinq pourquoi » ou « Five Whys » , une technique d’analyse des causes profondes, pour aller au-delà des signes immédiats d’inégalité et remonter jusqu’aux causes et structures sous-jacentes aux inégalités. Une fois ces causes profondes identifiées, les groupes sont revenus à leurs cartes des personnes impliquées dans leur recherche et y ont mené une analyse intersectionnelle. Les stagiaires ont examiné comment les différents axes identitaires, les expériences vécues et le contexte social façonnent les besoins, les différents obstacles et opportunités des patientes et des patients en matière de santé.
En s'appuyant sur cette analyse, les stagiaires ont repensé leurs méthodes de recherche afin de mieux inclure les communautés à servir. À chaque étape de la conception de leur recherche, les stagiaires ont examiné qui était pris en compte, qui ne l’était pas et quels points de vue risquaient d'être mis de côté. Ces questions les ont aidés à remettre en question leurs a priori et à identifier des moyens de rendre leurs projets plus équitables, plus transparents et plus rigoureux sur le plan scientifique.
Apprendre par la collaboration
Le caractère interdisciplinaire des séances pratiques a permis de créer un cadre dans lequel les stagiaires ont pu tirer parti des expériences et de l'expertise de chaque membre du groupe.
Pour les personnes participantes, ces sessions pratiques ont constitué un cadre particulièrement enrichissant pour l'apprentissage collaboratif : « J'ai mieux compris pourquoi la diversité est importante dans la recherche. J'ai pris conscience de ma place parmi les autres professionnels de la recherche en santé, et j'ai pu nouer des liens avec des chercheuses et chercheurs talentueux qui, je pense, seront de formidables alliés. »
Ces échanges ont permis aux stagiaires d’acquérir les compétences conceptuelles et les outils nécessaires pour identifier les lacunes de leur travail. L’étape suivante consistait à traduire cette analyse en changements concrets à apporter aux méthodologies de leurs projets. Ainsi, un groupe qui s'était initialement donné pour mission de fournir des informations aux enfants atteints de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) a constaté que les besoins des communautés autochtones et d'autres communautés en quête d’équité n'étaient pas suffisamment pris en compte dans la conception initiale du projet. En conséquence, le groupe a proposé de créer des ressources qui prennent compte des spécificités culturelles et de les peaufiner en collaboration avec les membres de ces communautés afin de garantir qu'elles restent pertinentes et utiles.
Une autre équipe a proposé d’apporter des modifications à un essai clinique portant sur des nourrissons prématurés recevant des stéroïdes postnataux pour favoriser le développement pulmonaire. Afin de garantir une représentation plus large de la population montréalaise, elle a suggéré d’étendre l’essai au-delà de l’Hôpital de Montréal pour enfants à d’autres centres, notamment ceux desservant les communautés rurales et autochtones. Cela pourrait améliorer la représentation des différentes populations dans cet essai clinique. Le groupe a également recommandé de mettre en place des pratiques de consentement éclairé plus adaptés aux réalités des familles autochtones. Cette recommandation implique une approche du consentement éclairé respectueuse des spécificités culturelles, de l’oralité, élaborée en partenariat avec les communautés autochtones, ainsi que l'accès à des services d'interprétation dans la langue choisie par la famille.
À l'issue de l'école d'été, les stagiaires ont présenté les lacunes qu'elles et ils avaient identifiées et leur importance. Les stagiaires ont ensuite montré comment les méthodes d'inclusion proposées pourraient renforcer à la fois la pertinence scientifique et la responsabilité vis-à-vis des communautés participantes.
Comme l'a expliqué une participante : « L'école d'été m'a permis d'approfondir mes connaissances sur l'intersectionnalité et la recherche participative. J'ai appris à prendre en compte la sécurité culturelle lors de la conception d'études et j'ai élaboré une feuille de route pour mener des recherches éthiques et participatives auprès des communautés autochtones. »
L'école d'été MISI a aidé les stagiaires à traduire ces principes en changements concrets au sein de leurs propres projets. Au fur et à mesure de leur progrès dans leur carrière, elles et ils mettront en œuvre de nouvelles façons de formuler des questions de recherche, de reconnaître différentes formes d'expertise, de nouer des partenariats équitables et de partager les connaissances. En le faisant, les stagiaires pourront contribuer à façonner un écosystème de recherche en santé dans lequel l'inclusion n'est pas un simple complément à l'excellence scientifique, mais une composante essentielle d’une science mieux adaptée aux besoins des communautés.
Le projet « Mentorat intégral pour une science inclusive » (MISI) bénéficie du soutien du programme NovaScience du ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie du Québec.