Newsletter - Banner

Fil d'ariane

Agrégateur de contenus

angle-left Le traitement de l'apnée du sommeil diminue les problèmes cardiaques chez les patients atteints de prédiabète, selon une nouvelle étude

Les personnes souffrant de prédiabète et d'apnée obstructive du sommeil pourraient réduire leur rythme cardiaque au repos pendant la journée et leur risque de maladie cardiovasculaire en utilisant un appareil CPAP la nuit

Dre Sushmita Pamidi (gauche) est scientifique dans le Programme de recherche translationnelle sur les maladies respiratoires à l'Institut de recherche du CUSM
Dre Sushmita Pamidi (gauche) est scientifique dans le Programme de recherche translationnelle sur les maladies respiratoires à l'Institut de recherche du CUSM

1 octobre 2020

Une nouvelle étude a révélé que le traitement par ventilation à pression positive continue (CPAP) pendant la nuit peut réduire la fréquence cardiaque au repos pendant la journée chez les patients prédiabétiques qui souffrent d'apnée obstructive du sommeil, réduisant ainsi leur risque de maladie cardiovasculaire.

L’étude publiée aujourd'hui dans le Journal of the American Heart Association a été menée par la Dre Sushmita Pamidi, directrice de l'unité d'épidémiologie respiratoire et de recherche clinique du Centre de recherche évaluative en santé à l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et la Dre Esra Tasali, directrice du Sleep Research Center à l'Université de Chicago.

Cette découverte pourrait potentiellement aider le milliard de personnes dans le monde souffrant d'apnée obstructive du sommeil, chez lesquelles la prévalence du prédiabète et du diabète est supérieure à 60 %. En outre, la grande majorité des patients souffrant d'apnée obstructive du sommeil ne sont pas diagnostiqués.

Les conclusions de l'étude trouvent un écho particulier dans le contexte actuel, puisque les personnes souffrant de diabète ou de problèmes cardiovasculaires sont parmi les plus vulnérables à la COVID-19.

« Il est important d'améliorer la santé cardiaque en traitant l'apnée obstructive du sommeil non diagnostiquée dans une population qui présente déjà un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires », déclare la Dre Pamidi.

Dans cet essai contrôlé randomisé, les scientifiques ont étudié des personnes souffrant de prédiabète, une condition où le taux de sucre dans le sang est plus élevé que la normale, mais pas suffisamment pour que la personne soit considérée comme diabétique. Celles qui ont utilisé un traitement CPAP pendant deux semaines ont vu leur rythme cardiaque au repos diminuer de quatre à cinq battements par minute, par rapport à celles qui ont reçu un placebo. Il est à noter qu'avec un traitement CPAP optimal, leur rythme cardiaque était plus faible non seulement la nuit, mais aussi le jour.

« C'est significatif », déclare la Dre Tasali, en notant qu'une baisse du rythme cardiaque au repos, ne serait-ce que d'un battement par minute, peut réduire le taux de mortalité et le risque futur de développer une maladie cardiovasculaire.

« Une baisse de quatre à cinq battements par minute du rythme cardiaque comme celle que nous avons observée est comparable à ce que vous obtiendriez en faisant régulièrement de l'exercice, ajoute-t-elle. Notre découverte, c’est le transfert de la baisse du rythme cardiaque au repos dans la journée, et le bénéfice cardiovasculaire qui en découle ».

Le rythme cardiaque au repos est un élément essentiel de la santé et du bien-être d'une personne. Un rythme cardiaque élevé au repos est le signe d'un stress accru pour le cœur. Il s'agit d'un prédicteur important de problèmes cardiaques et de décès, selon les docteures. Des recherches antérieures ont montré que chez les personnes d'âge moyen, chaque augmentation d’un battement par minute du rythme cardiaque au repos est associée à un taux de mortalité supérieur de 3 %.

L'apnée obstructive du sommeil est un trouble qui provoque des arrêts répétés de la respiration pendant la nuit, ce qui diminue l'apport en oxygène et perturbe le sommeil. Il s'agit d'un problème de santé grave, qui augmente le risque de maladies cardiovasculaires telles que l'hypertension, les accidents vasculaires cérébraux et les crises cardiaques. Elle rend les gens somnolents pendant la journée et augmente leurs hormones de stress « de lutte ou de fuite », élevant leur rythme cardiaque au repos toute la journée et toute la nuit.

Les médecins utilisent la CPAP pour traiter l'apnée obstructive du sommeil. Elle maintient les voies respiratoires d'une personne ouvertes et le niveau d'oxygène stable pendant la nuit, ce qui réduit le rythme cardiaque. Cependant, la Dre Pamidi n'encourage pas les gens à acheter cet appareil sur Internet. L'apnée obstructive du sommeil est un diagnostic médical qui doit être posé par un médecin après une étude du sommeil.

« Nos récentes découvertes devraient inciter les personnes qui souffrent de prédiabète, de diabète ou de problèmes de sommeil à se faire dépister pour l'apnée du sommeil », déclare la Dre Pamidi.

Aujourd'hui, environ 80 % des personnes souffrant d'apnée du sommeil ne sont pas diagnostiquées. On estime que 50 à 70 % des personnes atteintes de prédiabète ou de diabète souffrent d'apnée du sommeil.

« La majorité des patients ne font pas le lien avec la façon dont leur sommeil peut affecter leur cœur. En ce qui concerne leur apnée du sommeil, les patients pensent simplement à leur somnolence le lendemain, explique la Dre Tasali. J'explique toujours à mes patients que l'apnée du sommeil peut aussi être nuisible à leur santé cardiovasculaire ».

« Cette étude est la première à examiner l'impact d'un traitement CPAP optimal sur la fréquence cardiaque au repos pendant la journée », déclare la Dre Pamidi.

Dans leurs recherches antérieures, les docteures Pamidi et Tasali ont découvert qu'un traitement efficace de l'apnée du sommeil par la CPAP améliore le taux de sucre dans le sang des patients prédiabétiques, réduisant ainsi leur risque de diabète.

À propos de l’étude

L’étude Optimal CPAP Treatment of Obstructive Sleep Apnea Reduces Daytime Resting Heart Rate in Prediabetes: A Randomized Controlled Study a été menée par Sushmita Pamidi, Florian Chapotot, Kristen Wroblewski, Harry Whitmore, Tamar Polonsky et Esra Tasali.

DOI: https://doi.org/10.1161/JAHA.120.016871

Ces travail a été soutenu par les National Institutes of Health et le Diabetes Research and Training Center à l’Université de Chicago.

À propos de l’IR-CUSM

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et de la santé. Établi à Montréal, au Canada, l’Institut, qui est affilié à la faculté de médecine de l’Université McGill, est l’organe de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) – dont le mandat consiste à se concentrer sur les soins complexes au sein de sa communauté. L’IR‑CUSM compte plus de 460 chercheurs et près de 1 300 étudiants et stagiaires qui se consacrent à divers secteurs de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en santé évaluative aux sites Glen et à l’Hôpital général de Montréal du CUSM. Ses installations de recherche offrent un environnement multidisciplinaire dynamique qui favorise la collaboration entre chercheurs et tire profit des découvertes destinées à améliorer la santé des patients tout au long de leur vie. L’IR-CUSM est soutenu en partie par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS). ircusm.ca

Personne-ressource pour les médias

Fabienne Landry
Centre universitaire de santé McGill
514 812-7722
fabienne.landry@muhc.mcgill.ca