Fil d'Ariane

RAPPORT ANNUEL IR-CUSM 2020

null COVID-19 : Nos chercheurs répondent à l’appel

Lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé, les activités ont ralenti à l’échelle mondiale. Cela n’a cependant pas empêché les chercheurs à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) de canaliser leurs énergies sur un nouvel impératif : surmonter les défis entraînés par la pandémie.

Des tests COVID-19 fabriqués au Canada
Des tests COVID-19 fabriqués au Canada

Plusieurs membres du personnel, stagiaires et partenaires de financement ont orienté leurs efforts vers cette recherche vitale. Par exemple, la Fondation du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), a rapidement organisé du financement de démarrage pour des douzaines de projets, plusieurs d’entre eux étant mentionnés ci-dessous, par l’entremise de l’Initiative interdisciplinaire en infection et immunité (MI4) du Programme de financement d’urgence de la recherche sur la COVID-19 (FURC). Nous n’abordons ici que quelques projets de pointe lancés à l’IR-CUSM dans le but de freiner le virus.

BLOQUER LE VIRUS

Le coronavirus s’attache aux cellules humaines en utilisant une protéine « spike », qui crée une porte d’entrée dans les cellules humaines pour le virus. Les chercheurs du monde entier travaillent sur le développement d’un vaccin qui interférera avec cette protéine « spike », empêchant ainsi le virus de s’attacher aux cellules.

Momar Ndao (D.V.M., Ph. D.), Martin Olivier (Ph. D.) et Michael Reed (Ph. D.), des collègues du Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale, élaborent une nouvelle approche pour obstruer cette protéine. Ils explorent l’utilisation du vaccin actuel contre la tuberculose ainsi que celle d’un vaccin adénoviral au stade d’essai clinique pour usage humain qui avait été développé pour lutter contre la maladie à virus Ebola, la malaria et les virus de l’immunodéficience humaine. Ils étudient comment ces vaccins, seuls ou combinés, peuvent être utilisés pour livrer la protéine « spike » de COVID‑19 et générer une réponse immunitaire soutenue qui bloquera efficacement le coronavirus et l’empêchera de s’attacher aux cellules humaines et de les pénétrer, prévenant ainsi la maladie.

« Avec des vaccins déjà approuvés pour usage humain, l’approbation réglementaire prend moins de temps », déclare le Dr Ndao.

Financement : la Fondation du CUSM et ses partenaires (FURC MI4)

Momar Ndao, D.M.V., Ph. D., Martin Olivier, Ph. D., et Michael Reed, Ph. D.
Momar Ndao, D.M.V., Ph. D., Martin Olivier, Ph. D., et Michael Reed, Ph. D.

TESTER L'HYDROXYCHLOROQUINE

En mars 2020, les Drs Todd C. Lee, Emily G. McDonald et Matthew P. Cheng, tous membres du Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale, ont lancé une étude clinique en collaboration avec une autre étude au Minnesota, É.-U., dans le but d’explorer le potentiel de l’hydroxychloroquine dans différents contextes. Leur premier essai portait sur la prophylaxie post-exposition, soit la prévention d’infection comme si une personne avait été exposée, et leur deuxième essai cherchait à savoir si un traitement communautaire précoce améliorait le résultat de la maladie. Ces deux essais ont été les premiers essais randomisés contrôlés sur la COVID-19 à recruter des patients au Canada, ainsi que les premiers essais ayant été complétés.

L’essai sur la prophylaxie postexposition a suscité un intérêt mondial lorsqu’il fut publié dans le New England Journal of Medicine en juin. Le second est apparu dans les Annals of Internal Medicine en juillet.

« Malgré beaucoup d’excitation et de promesse pour le médicament, nous avons découvert que l’hydroxychloroquine ne semble pas efficace lorsqu’elle est utilisée comme prophylaxie post-exposition, et elle ne réduit pas les symptômes dans les premiers stades de la maladie », explique la Dre McDonald. Le Dr Lee ajoute : « Nous regroupons toujours les données avec celles des essais internationaux pour déterminer s’il y a moins d’hospitalisations chez les personnes ayant rapidement été traitées, mais il est peut-être temps de passer à autre chose et d’évaluer d’autres médicaments candidats. »

Financement : la Fondation du CUSM (FURC MI4) et l’Unité d’évaluation des pratiques cliniques du CUSM

Un intérêt mondial pour les essais sur l’hydroxychloroquine : les docteurs Emily G. McDonald, Matthew P. Cheng et Todd C. Lee (gauche à droite)
Un intérêt mondial pour les essais sur l’hydroxychloroquine : les docteurs Emily G. McDonald, Matthew P. Cheng et Todd C. Lee (gauche à droite)

LES TROUBLES CARDIAQUES ET LE CORONAVIRUS

Le Dr Abhinav Sharma du Programme de recherche en santé cardiovasculaire au long de la vie est préoccupé par la gestion des troubles cardiaques pendant la pandémie. « Il y a une controverse entourant l’utilisation courante de médicaments pour la pression artérielle, particulièrement les inhibiteurs d’enzyme de conversion de l’angiotensine et les bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine », explique-t-il. « Le virus de la COVID-19 a besoin des protéines auxquelles ces médicaments s’accrochent pour pénétrer dans les cellules. »

Améliorer les résultats des patients : le Dr Abhinav Sharma
Améliorer les résultats des patients : le Dr Abhinav Sharma

Une hypothèse suggère que les personnes prenant ces médicaments seraient à risque de subir une infection plus sévère. Une autre propose que ces médicaments soient plutôt bénéfiques, puisqu’ils réduiraient l’inflammation et la fibrose. Le Dr Sharma étudie l’impact lié au retrait des inhibiteurs d’enzyme de conversion de l’angiotensine afin de découvrir ce qui affecte les patients hospitalisés en raison de la COVID-19. « Notre étude déterminera si l’interruption temporaire de ces médicaments pour la pression artérielle est sécuritaire et améliore les résultats des patients », dit-il.

Financement : la Fondation du CUSM (FURC MI4) et la Division de cardiologie du CUSM

SUIVRE LES APPROCHES INTERNATIONALES RELATIVEMENT À LA COVID-19

Maîtriser l’informatique de la santé publique : le Dr David Buckeridge
Maîtriser l’informatique de la santé publique : le Dr David Buckeridge

Le Dr David Buckeridge, chercheur dans le Programme de recherche en désordres métaboliques et leurs complications, conçoit de nouvelles méthodes d’utilisation de l’intelligence artificielle pour sonder les médias en ligne. Il cherche à comprendre quels pays implémentent quels types de mesures de contrôle, à quel moment ils le font, et comment les individus et les communautés réagissent à celles-ci.

« Nous utilisons les médias en ligne pour dresser des portraits de la manière dont les pays du monde entier contrôlent la pandémie », explique le Dr Buckeridge, « et nous tentons ensuite de rassembler les données traditionnelles en matière de nombre de cas et de décès afin de constater l’impact de ces efforts. »

Son étude vise non seulement à identifier des différences et des modèles clairs en ce qui a trait aux approches utilisées dans le monde, mais également à suivre les réactions populaires à ces approches et les problèmes au premier plan dans les médias.

Financement : la possibilité de financement canadienne pour une intervention de recherche rapide contre la COVID-19

DES TESTS COVID-19 FABRIQUÉS AU CANADA

Lorsque la COVID-19 a frappé le Canada, la plupart des trousses de dépistage étaient fabriquées par des multinationales sans obligation de répondre aux besoins du Canada. Deux vieux copains de hockey, Don van Meyel (Ph. D.), Programme en réparation du cerveau et en neurosciences intégratives, et Martin Schmeing (Ph. D.), professeur de biochimie à l’Université McGill, ont dirigé une équipe de chercheurs talentueux de l’Université McGill dans la production de trousses de dépistage de la COVID-19 pour lesquelles tous les composants de dépistage essentiels étaient fabriqués au Canada.

Martin Schmeing, Ph. D. (chef de projet, Université McGill), et Don van Meyel, Ph. D. : Livraison des 15 000 premières trousses de dépistage pour Optilab CUSM au site Glen
Martin Schmeing, Ph. D. (chef de projet, Université McGill), et Don van Meyel, Ph. D. : Livraison des 15 000 premières trousses de dépistage pour Optilab CUSM au site Glen

Un projet pilote visant à livrer 15 000 trousses à Optilab CUSM fut utilisé comme preuve de concept et une collaboration avec des chercheurs du Conseil national de recherches permet la production de millions de trousses.

« Nous voulons être en mesure de produire et de distribuer ces trousses à travers le pays lorsqu’elles sont nécessaires », déclare Don van Meyel, qui dirige le Centre de biologie translationnelle à l’IRCUSM. « Les décisions relatives à qui devrait administrer la trousse et à quel moment devraient être fondées sur une science solide et des politiques de santé publique, et non sur des limites imposées par la disponibilité de trousses. »

Financement : la Fondation du CUSM (FURC MI4), la Faculté des sciences de l’Université McGill, le Conseil national de recherches du Canada, Innovation, Sciences et Développement économique Canada

SOUTENIR LES TRAVAILLEURS DE LA SANTÉ

Jason Harley, PhD, and Tina Montreuil, PhD, PsyD
Jason Harley, Ph. D., et Tina Montreuil, Ph. D., D. Psy.

Les travailleurs de la santé ont été soumis à d’importantes pressions durant la pandémie de COVID-19. Jason Harley (Ph. D.) du Programme de recherche : blessure, réparation, récupération et Tina Montreuil (Ph. D., D. Psy.) du Programme en santé de l’enfant et en développement humain ont développé un questionnaire sur les stratégies de soutien et d’adaptation utilisées par les professionnels de la santé, dans le but de contribuer à informer les réseaux hospitaliers et de promouvoir des pratiques qui apporteront un meilleur soutien à ces travailleurs. « Il s’agit donc de mieux comprendre les stresseurs et la détresse psychologique que les professionnels de la santé subissent », explique Jason Harley.

Ils souhaitent également faire la lumière sur les problèmes d’épuisement physique et émotionnel et d’absentéisme élevé chez les travailleurs de la santé. « L’idée est de mieux comprendre ce qui est réellement en train de se produire dans le système afin que nous puissions mieux soutenir les hôpitaux et leurs travailleurs », ajoute Tina Montreuil.

Financement : la Fondation du CUSM et ses partenaires (FURC MI4)

LE PREMIER ROBOT DE DÉSINFECTION PAR UV TESTÉ AU CANADA

Tout comme les chercheurs qu’ils soutiennent, plusieurs membres du personnel administratif de l’IR-CUSM ont pris des initiatives durant la pandémie. Nos équipes de génie biomédical et de santé, sécurité et environnement ont notamment travaillé avec l’entretien ménager et le contrôle des infections du CUSM sur de nouvelles méthodes de désinfection.

Lorsque Rami Tohme, directeur, Infrastructure et génie biomédical de recherche (IR-CUSM), est tombé sur un robot qui désinfecte à l’aide de rayons ultraviolets lors d’une conférence médicale en Allemagne, il y a vu une technologie qui pourrait aider nos hôpitaux à réduire leur taux d’infection. Le Dr Bruce Mazer (Programme de recherche translationnelle sur les maladies respiratoires) a donné son accord, et il a invité son équipe à apporter son aide lors de la première évaluation de ce robot au sein d’un hôpital canadien.

« Notre travail n’était pas de souligner ses capacités de désinfection, puisque celles-ci avaient déjà été prouvées », déclare Rami Tohme. « Nous voulions tester sa capacité de désinfection sans intervention humaine. » Les équipes d’évaluation ont donné le feu vert pour l’acquisition de deux robots à l’IR-CUSM.

La stérilisation d’une salle est un processus à forte intensité de main-d’œuvre prenant des heures, mais le robot de désinfection par UV peut le faire en une fraction de temps, évitant ainsi un risque d’infection pour le personnel d’entretien.
La stérilisation d’une salle est un processus à forte intensité de main-d’œuvre prenant des heures, mais le robot de désinfection par UV peut le faire en une fraction de temps, évitant ainsi un risque d’infection pour le personnel d’entretien.