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angle-left Des chercheurs canadiens découvrent les origines précoces insoupçonnées du cancer du cerveau chez l'enfant

Une étude identifie les traces les plus précoces de cancer du cerveau longtemps avant que la maladie devienne symptomatique

1 mai 2019

TORONTO – Les tumeurs cérébrales constituent la principale cause de mort non accidentelle chez les enfants au Canada; toutefois, on sait peu de choses quant au moment de la formation de ces tumeurs ou quant à la manière dont elles se développent. Des chercheurs de SickKids, de l'Institut ontarien de recherche sur le cancer (IORC) et de l’Université McGill ont récemment identifié les cellules que l’on croit être à l’origine de certaines tumeurs cérébrales chez l’enfant et ont découvert que ces cellules se forment d’abord au stade embryonnaire du développement chez les mammifères – soit beaucoup plus tôt que ce à quoi ils s’attendaient.

Les conclusions de cette étude, publiée aujourd’hui dans Nature, pourraient ouvrir la voie à la découverte de meilleurs traitements pour s’attaquer à ces tumeurs cérébrales létales.

Dre Nada Jabado est scientifique et membre du Programme en santé de l’enfant et en développement humain de l’Institut de recherche du CUSM« Le cerveau est remarquablement complexe. Nos conclusions ne sont pas seulement importantes pour nous amener à mieux comprendre les tumeurs cérébrales, mais elles nous permettront également d’approfondir nos connaissances sur les cellules des tumeurs cérébrales et sur leur fonctionnement, afin d’aider les enfants présentant des retards sur le plan neurodéveloppemental. Ce que nous avons réalisé en tant qu’équipe dans ce papier est une source d’espoir pour les patients », dit la Dre Nada Jabado, co-auteure principale de l’étude, qui est pédiatre hémato-oncologue à l’Hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et chercheuse au sein du Programme en santé de l'enfant et en développement humain de l’Institut de recherche du CUSM. La Dre Jabado est aussi professeure de pédiatrie et de génétique humaine à l’Université McGill.

« Les progrès réalisés en matière de mise au point de traitements plus efficaces pour le cancer du cerveau sont en grande partie ralentis par l’hétérogénéité complexe, c’est à dire par la variété de cellules, de chaque tumeur, explique le Dr Michael Taylor, un des co-auteurs principaux de l’étude, qui est spécialiste de De gauche à droite : Dr Michael Taylor et Dr Lincoln Steinla neurochirurgie pédiatrique et chercheur en Biologie développementale et Cellules souches à l’Hospital for Sick Children (SickKids). Nous avons reconnu que les nouvelles technologies pouvaient nous permettre de déchiffrer en partie cette réalité complexe; nous avons donc décidé de faire équipe avec des chercheurs de l’Université McGill et avec l’IORC, afin de nous pencher tous ensemble sur ce problème en mettant en commun notre savoir-faire et notre expérience. »

À partir de modèles murins, le groupe de chercheurs a étudié les divers types de cellules cérébrales normales ainsi que la manière dont elles se sont forment dans le cervelet – où l’on observe le plus souvent les tumeurs cérébrales chez l’enfant, à diverses étapes de leur développement. Les chercheurs ont cartographié les lignées de plus de 30 types de cellules et ont identifié les cellules normales qui se transformeraient plus tard en cellules cancéreuses, aussi appelées cellules d’origine.

Pour identifier ces cellules normales se transformant éventuellement en cellules cancéreuses, les chercheurs ont eu recours à la technologie de séquençage de cellule unique, qui leur permet d’étudier plus précisément des cellules individuelles que ne le font les méthodes de séquençage traditionnelles.

Dans le cadre de leurs travaux, les chercheurs ont observé les cellules d’origine à un stade beaucoup plus précoce du développement fœtal que ce à quoi ils s’attendaient.

« Nos données démontrent que, chez les humains, les tumeurs cérébrales proviennent dans certains cas de populations de cellules ou d’événements remontant à six semaines de vie intra-utérine, ajoute le professeur Lincoln Stein, coauteur principal de l’étude et chef du programme d'oncologie adaptative à l'IORC. Ces résultats laissent entendre que les tumeurs cérébrales pourraient se développer bien avant d’être visibles sur le plan clinique, voire même avant qu’une femme puisse savoir qu’elle est enceinte. »

Grâce à ces nouvelles connaissances, les chercheurs peuvent maintenant étudier les différences entre le développement de cellules saines normales et celui de cellules qui vont éventuellement donner naissance à des cellules cancéreuses.

 

Ces travaux de recherche ont été rendus possible grâce au généreux soutien financier de Génome Québec, des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), de Génome Canada, du Fonds pour la recherche en Ontario, la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants et SickKids Foundation dans le cadre du Concours 2017 - Projets de recherche appliquée à grande échelle - La génomique et la santé de précision.   

 

À propos de L'Institut ontarien de recherche sur le cancer (IORC)

L'Institut ontarien de recherche sur le cancer (IORC) est un institut de recherche collaboratif sans but lucratif qui promeut et mène des recherches translationnelles sur le cancer d’une grande incidence afin d'accélérer le rythme des découvertes pour les patients du monde entier tout en maximisant les retombées économiques de cette recherche pour la population de l'Ontario. Pour plus d’information, visitez www.oicr.on.ca


À propos de l’Institut de recherche du CUSM

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et de la santé. Établi à Montréal, au Canada, l’Institut, qui est affilié à la faculté de médecine de l’Université McGill, est l’organe de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) – dont le mandat consiste à se concentrer sur les soins complexes au sein de sa communauté. L’IR-CUSM compte plus de 420 chercheurs et près de 1 200 étudiants et stagiaires qui se consacrent à divers secteurs de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en santé évaluative aux sites Glen et à l’Hôpital général de Montréal du CUSM. Ses installations de recherche offrent un environnement multidisciplinaire dynamique qui favorise la collaboration entre chercheurs et tire profit des découvertes destinées à améliorer la santé des patients tout au long de leur vie. L’IR-CUSM est soutenu en partie par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS)  www.rimuhc.ca/fr

 

Contact avec les médias 

Julie Robert
Centre universitaire de santé McGill
514-934-1934 (poste 71381)
julie.robert@muhc.mcgill.ca