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Signature 3 et voie BRCA dans le cancer du sein

Un schéma de mutation laisse entrevoir d’autres modes possibles de désactivation d’un important mécanisme de réparation de l’ADN dans le cancer du sein

24 août 2017

Par Tom Ulrich, de l’Institut Broad

Les cellules de cancer du sein dans lesquelles les gènes de réparation de l’ADN BRCA1 et BRCA2 sont défectueux portent une signature mutationnelle (un schéma de permutation des bases – par exemple, interversion de T et de G, ou de C et de A – dans le génome) que les spécialistes de la génomique du cancer appellent « signature 3 ». Toutefois, les cellules de tumeur mammaire peuvent porter la signature 3 en l’absence de mutations des gènes BRCA1 et BRCA2. C’est pourquoi certains considèrent la signature 3 comme un biomarqueur de l’implication de la voie BRCA – c’est-à-dire comme un signe d’interruption de la réparation de l’ADN dans la voie BRCA (procédé appelé « recombinaison homologue ») – en général et non d’une anomalie touchant les gènes BRCA eux-mêmes.

Deux questions se posent alors : Quels autres mécanismes ou anomalies pourraient désactiver la recombinaison homologue et déterminer la signature 3? et La signature 3 pourrait-elle avoir une utilité clinique?

Pour répondre à ces questions, une équipe multinationale dirigée par Paz Polak, Jaegil Kim, Lior Braunstein et Gad Getz, du Programme sur le cancer de l’Institut Broad et du Centre de recherche sur le cancer de l’Hôpital général du Massachusetts, ainsi que William Foulkes, de l’Université McGill, ont réanalysé des données portant sur près de 1 000 tumeurs mammaires malignes et provenant du Cancer Genome Atlas. À la lumière de leurs constats, publiés dans la revue Nature Genetics, il y a lieu de penser que les signatures mutationnelles, telles que la signature 3, pourraient permettre une prise en charge très ciblée dans laquelle le risque et les décisions de traitement seraient déterminés par l’ensemble des mutations tumorales et non seulement par quelques gènes bien définis. Lire la suite