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angle-left Nouveau marqueur et traitement potentiel du cancer du sein triple négatif

Un espoir dans la lutte contre la forme la plus mortelle de cancer du sein


Le cancer du sein triple négatif (CSTN), le type le plus agressif de cette maladie, représente de 15 à 20 % des cas. Ces tumeurs contiennent un grand nombre de cellules souches cancéreuses, un type rare de cellules cancéreuses qui engendrent un taux élevé de métastase, de résistance à la chimiothérapie et de récidive tumorale. Très peu de biomarqueurs ont été découverts pour ce type de cancer, et aucun traitement éprouvé n’existe pour le combattre.

Un nouvel espoir se dessine toutefois à l’horizon, grâce notamment aux recherches menées par le Pr Jean-Jacques Lebrun, du Département de médecine et du Programme de recherche sur le cancer du Centre universitaire de santé McGill. Dans l’étude publiée dans Nature Scientific Reports, dont il est l’auteur principal, le Pr Lebrun et ses collègues mcgilloises, la Pre Suhad Ali et Meiou Dai, ont découvert que l’expression du gène CDK4 (cyclin-dependent kinase 4) est plus élevée dans les tumeurs mammaires que dans les tissus normaux, et est à son comble dans les tumeurs agressives de type CSTN. Ils ont également déterminé que CDK4 pourrait servir de cible thérapeutique potentielle pour combattre le CSTN.

« Notre étude révèle les nouveaux rôles de CDK4 dans la régulation du caractère souche des cellules cancéreuses, ainsi que comme marqueur pronostique du CSTN », explique le Pr Lebrun. Les cellules souches cancéreuses ont une capacité de multiplication qui leur permet de générer et de propager une tumeur hétérogène chimiorésistante, ce qui entraîne des métastases et des récidives, et cause la mort de la patiente. Les cellules souches cancéreuses étant nombreuses dans les tumeurs du CSTN, elles constituent une cible prioritaire pour la mise au point de nouveaux traitements efficaces contre cette forme de cancer.

CDK4 et sa protéine partenaire, la cycline D1, sont les cibles finales de nombreux signaux oncogéniques, ce qui indique qu’elles jouent un rôle central dans le développement et la progression du cancer. « Nous avions déjà découvert que la cycline D1, partenaire de CDK4, agit en aval de la voie de signalisation TGFβ pour réguler les processus métastatiques comme la migration cellulaire et l’invasion du CSTN », explique Meiou Dai, première auteure de l’étude. « Nous avons donc exploré le rôle potentiel du partenaire de la cycline D1, CDK4, dans la progression du cancer du sein. Notre analyse bioinformatique de CDK4 dans le cancer du sein a donné des résultats intéressants : l’expression de CDK4 est à son maximum dans les tumeurs de type CSTN et est corrélée à un pronostic défavorable ainsi qu’à de faibles taux de survie sans récidive à court terme. »

À l’aide du palbociclib de Pfizer, un inhibiteur de CDK4 que la FDA a approuvé en association avec des anti-aromatase pour le traitement du cancer du sein hormonodépendant, et qui est actuellement en essais cliniques, les chercheurs ont découvert de nouvelles fonctions de CDK4 dans la régulation de la différenciation des cellules souches cancéreuses et de la chimiorésistance du CSTN.

« Nous avons découvert que l’inhibition de CDK4 au moyen du palbociclib prévient la régénération des cellules souches cancéreuses du sein et les élimine efficacement, de même que les cellules cancéreuses chimiorésistantes. Cela fait de CDK4 une cible thérapeutique prometteuse pour combattre ces tumeurs mammaires agressives, contre lesquelles aucun traitement n’existe à l’heure actuelle », conclut le Pr Lebrun.

Cette étude a fait l’objet d’un financement des Instituts de recherche en santé du Canada.


—publié le 19 janvier 2017 dans Le Bulletel de la Faculté de médecine, Université McGill