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angle-left Une plateforme de confinement de niveau 3 fait progresser la recherche à l’IR-CUSM et à l’Université McGill

Une infrastructure visant l’étude de la COVID-19 dans un milieu sécuritaire crée actuellement de nouvelles possibilités en termes de collaboration et de découvertes

Andréanne Lupien, au travail dans une enceinte de biosécurité, alors que Fiona McIntosh est en vidéoconférence sur Zoom dans les locaux de la Plateforme CN3
Andréanne Lupien, au travail dans une enceinte de biosécurité, alors que Fiona McIntosh est en vidéoconférence sur Zoom dans les locaux de la Plateforme CN3

Article d’Ashley Rabinovitch

Le 23 septembre 2020

Le Dr Marcel Behr est scientifique senior, Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale de l’IR-CUSM
Le Dr Marcel Behr est scientifique senior, Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale de l’IR-CUSM

Source : Health E-News. Lorsque le premier cas de COVID-19 a été signalé au Québec, en février dernier, l’Université McGill (McGill) et le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) ont commencé à se préparer en vue de l’inévitable augmentation de la demande pour des installations de recherche sécuritaires. « Nous savions alors que nous devions être prêts pour ce qui nous attendait, se souvient le Dr Marcel Behr, professeur au Département de médecine de l’Université McGill et scientifique senior, Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mondiale (MIISM) de l’Institut de recherche du CUSM (IR-CUSM). Au cours des mois qui ont suivi, le Dr Behr a dirigé les activités visant à redéfinir l’affectation d’installations existantes, afin de créer des locaux destinés aux chercheurs de McGill, au titre d’un plan visant à faire progresser la recherche sur la COVID-19.

La Plateforme de confinement de niveau 3 (CN3) qu’héberge l’IR-CUSM comprend trois blocs indépendants, qui répondent aux Normes et lignes directrices canadiennes sur la biosécurité établies pour le deuxième niveau supérieur de biosécurité. Selon le Dr Behr, qui est aussi le directeur fondateur du Centre international de TB McGill et codirecteur de l’Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de McGill (MI4), la création d’une plateforme CN3 visait à soutenir la recherche sur la tuberculose, l’influenza et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Silvia Vidal, Ph. D., est chercheuse, Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mentale de l’IR-CUSM
Silvia Vidal, Ph. D., est chercheuse, Programme en maladies infectieuses et immunité en santé mentale de l’IR-CUSM

À l’instar de l’IR-CUSM, le pavillon Bellini du Complexe des sciences de la vie de McGill abrite la seconde plateforme CN3 consacrée à la recherche sur la COVID-19. Silvia Vidal, Ph. D., professeure aux Départements de génétique humaine et de microbiologie et d’immunologie de McGill, également à la tête du Centre des traits complexes de cette institution, dirige cette plateforme; elle travaille aussi en étroite collaboration avec le Dr Behr afin de multiplier les possibilités de recherche. « Nous avions déjà créé une plateforme CN3 afin d’étudier la tuberculose; initialement, une grande partie de nos efforts se sont concentrés sur la conception de la nouvelle vocation des lieux, de manière à ce qu’ils répondent aux besoins de nos chercheurs, déclare Silvia Vidal, qui est également membre du programme en MIISM de l’IR-CUSM. Par plateforme CN3, on entend une plateforme d’ingénierie qui implique également des parties prenantes liées aux installations de l’Université McGill faisant intervenir des animaux ainsi que des employés du Bureau de santé, sécurité et environnement, qui doivent tous vérifier que nous travaillons dans un environnement sécuritaire. »

En mai 2020, la Plateforme CN3 de l’IR-CUSM a reçu le premier lot d’échantillons de virus, en provenance de laboratoires de Québec, de Winnipeg et de Toronto. « Nous avons fait le choix de demander des échantillons provenant de plusieurs souches, afin de tenir compte des mutations du virus et de la possibilité du déroulement inadéquat de la croissance d’une souche donnée, explique le Dr Behr. Actuellement, la Plateforme CN3 qu’il dirige renferme six souches de virus différentes — trois qui ont été importées de laboratoires externes et trois provenant des échantillons prélevés sur des patients du CUSM. Nous avons fait parvenir l’acide ribonucléique (ARN) de ces échantillons au Centre de génomique de McGill afin de nous assurer qu’il s’agissait bien de SARS-CoV-2 pur, le virus à l’origine de la COVID-19, et c’était bien le cas », poursuit il.

Dans les deux plateformes CN3, des chercheurs de McGill, avec leurs collaborateurs et des entreprises externes, réalisent actuellement des projets en lien avec la COVID-19. « Ils sont, de manière générale, répartis en trois catégories, commente le Dr Behr. Les travaux de certains groupes de chercheurs visent à modifier la réponse immunitaire à l’infection, ce qui documente la mise au point de vaccins, alors que les travaux d’autres groupes ont pour objectif de tester des composés au titre d’une stratégie de traitement antiviral. Un troisième groupe utilise l’ARN afin de déterminer l’efficacité de certains outils diagnostiques. »

Dans la Plateforme CN3 du pavillon Bellini du Complexe des sciences de la vie, des chercheurs se sont principalement penchés sur la découverte de traitements antiviraux. « Les fondements de leurs travaux de recherche ont été l’identification de gènes prévenant la propagation de l’infection, ajoute Silvia Vidal. Lorsque cette dernière n’est pas dans son laboratoire, elle communique par l’intermédiaire de Zoom avec le Dr Behr, en poste au CUSM, afin de répondre aux demandes des chercheurs et des entreprises du secteur privé qui utilisent la Plateforme CN3. Au bout du compte, notre rôle ne consiste pas à définir la portée de la recherche comme telle, mais plutôt à nous assurer que chacun des chercheurs de McGill dispose de l’équipement nécessaire pour utiliser le financement provenant des subventions accordées pour les travaux portant sur la COVID », poursuit-elle.

Grâce à une subvention provenant de l’initiative MI4, la Plateforme CN3 de McGill va continuer à offrir un lieu sécuritaire pour les travaux de recherche tant que la COVID-19 restera un pathogène pertinent. « Le plus grand défi que nous devons relever en ce moment a trait à la gestion de toutes les demandes visant l’utilisation de nos installations, conclut le Dr Behr, mais c’est un beau problème à gérer! Nous sommes passés d’une idée qui a germé au début de l’année à une plateforme des plus avancées nous permettant d’effectuer de la recherche de pointe. »